_____Elle attendait dans le hall, impressionnée. Elle n'était rentrée que peu de fois dans cet endroit, et à chaque fois elle avait la même sensation d'immensité. Elle se sentait si petite ici, comme si le hall pouvait la manger, l'absorber toute entière pour la réduire en bouillie. Et encore plus aujourd'hui. Elle avait l'impression que c'était plutôt eux qui risquaient de la réduire en charpie. Pourtant c'était un hall tout ce qu'il y avait de plus normal, avec des murs, un sol, un plafond, des portes, des fenêtres. Mais tout y était comme démesuré. A moins que ce ne fût elle qui était trop petite. D'ailleurs elle aurait souhaité encore rapetisser jusqu'à s'enfoncer dans le sol.
_____Elle se tritura les doigts et garda ostensiblement la tête baissée, ses longs cheveux blonds lui cachant ses yeux bleus délavés. Hors de question de la relever et de croiser leurs regards. Leurs magnifiques regards bleus pour la plupart d'entre eux qui la faisaient totalement fondre. Non, aujourd'hui elle ne se transformera pas en guimauve, elle se l'était interdit. Non pas qu'elle craignait aussi de se transformer en statue de pierre, elle ne croyait pas à ces superstitions sans queue ni tête, c'était juste qu'ils l'intimidaient trop. Et elle avait peur de se ridiculiser en faisant un geste ou en laissant échapper une parole. Elle faisait déjà un intense effort sur elle-même pour respirer normalement, il ne fallait pas lui demander la lune.
_____Elle ne leur avait jamais beaucoup parlé, et encore, parlé est un bien grand mot, les seules paroles qu'ils s'étaient échangés étaient constitués de banalités. Il fallait dire qu'ils n'étaient pas du même monde. Ou en tout cas ils ne l'étaient plus si on prenait en compte le fait qu'avant ils étaient « normaux ». Maintenant c'était des stars et elle, elle, c'était juste la nièce de leur producteur. Un gouffre les séparait.
_____Elle eut soudain la désagréable impression que quelqu'un la regardait. Elle n'aimait pas ça. Elle n'aimait pas être le centre d'attention des autres. Elle préférait rester dans l'ombre et garder le silence. Elle risqua alors un coup d'½il et constata que l'un d'entre eux la dévisageait. Il paraissait s'amuser et se jouer de son trouble. Ses joues rougirent fortement et elle rebaissa la tête, son menton venant toucher son cou, ses yeux se cachant derrière ses mèches de cheveux. Elle n'aimait pas être regardée. Et encore moins quand c'était un garçon aussi mignon et célèbre que lui qui posait ses yeux sur une simple fille comme elle. Cependant elle ne put réprimer un doux frisson en pensant qu'il l'avait regardée. Elle n'était pas si transparente que ça.
_____Mais rapidement elle se mit à espérer l'arrivée imminente de son oncle. Elle maudit sa mère de l'avoir obligé à aller le voir. Elle aurait très bien pu y aller elle-même, mais non, elle avait préféré envoyer sa fille. Pauvre Tatiana. Obligée de venir dans cet endroit immense. Obligée de rester avec ce groupe. Obligée de les avoir devant les yeux, à attendre impatiemment que son oncle daignait enfin arriver.
_____Heureusement
elle n'allait pas tarder. Elle avait le don pour arriver au moment opportun. Peut-être devrait-elle prévenir les garçons de son arrivée ? Oh non, elle n'osera jamais... Et de toute façon, il était trop tard. Elle était là.
_Ma Tia !_____Les garçons tournèrent la tête en même temps, curieux, tandis que Tatiana rougit, gênée. Une tornade colorée s'abattit sur elle et lui fit la bise.
_La putain d'sa grand-mère ! C'est qu'il caille dans c'pays ! Ca va ?
_Oui, oui...
_Ouah tu sais quoi ! J'ai réussi à avoir l'album – pas encore sorti =P – de Jan Delay ! Tu rends comptes ? Comment ch'uis trop happy d'la vie ! Jan Delay quoi !_____Et sur ces paroles, elle commença une petite danse de la victoire, croyant être seule avec Tatiana.
_Rabbit... Rabbit ! l'appela cette dernière.
_Quoi ?
_S't'eu plait, si tu pouvais arrêter, c'est gênant...
_Gênant pour qui ? Y a personne !_____Tatiana fit un léger signe de tête en direction des garçons. La dénommée Rabbit se retrouva alors nez à nez avec...
_NEVADA TAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN ! HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !_____Les garçons ouvrirent de grands yeux, surpris par sa réaction et le volume sonore utilisé. Elle joua pour sa part les groupies en chaleur – depuis le temps qu'elle rêvait de pouvoir les imiter – mais plus pour cacher l'embarras qu'elle avait d'avoir été prise en flagrant délit d'attentat à la danse que pour se moquer réellement d'eux. D'ailleurs Tatiana, elle, savait très bien que c'étaient les groupies qui étaient visées, et non le groupe.
_Frankyyyyyyyyyyyyyyy je t'aiiiiiiiiiiiiiiiiiime ! Timooooooooooooooo baise moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! s'exclama-t-elle en regardant Juri et Linke. (
désolée, c'est la traduction de « fick mich », après c'est pas d'ma faute si elles hurlent de la merde )
_____Elle porta ses mains à sa bouche puis fit semblant de s'éventer, comme si elle allait s'évanouir, la bouche grande ouverte. Elle imitait si bien cette espèce que les garçons le prirent mal, blessés dans leur orgueil de mâle. Surtout qu'elle connaissait leur prénom, certes, mais pas les têtes qui allaient avec.
_Quoi ? C'est pas comme ça qu'on fait ? demanda-t-elle alors avec un mélange d'innocence et de dédain.
Bon Tia, on y va ? reprit-elle comme si de rien n'était et en les ignorant totalement.
_____Les garçons comprirent alors enfin qu'elle venait de se moquer d'eux et devinrent rouge de honte et de colère.
_Nan mais tu t'prends pour qui, espèce de clown ?
_Le mec bizarre aux cheveux longs m'a appelé comment ? lui demanda-t-elle dédaigneusement en le regardant de haut en bas.
J'ai bien entendu, t'as dit « clown » ? répéta-elle en dessinant les guillemets de ses doigts.
Très bien, alors écoute Robert, j'm'habille beaucoup mieux et beaucoup plus que tes chiennes en chaleur à moitié nues qui te rétrécissent le pantalon, alors tu retires ton insulte de plouc, et tu m'casses pas les ovaires, kappisch ?_____Elle le toisa une dernière fois du regard et lui tourna le dos. Tatiana était blanche de crainte tandis que « le mec bizarre aux cheveux longs » était rouge de honte. Il s'apprêta à lancer une réplique cinglante mais fut retenu juste à temps.
_Laisse David.
_Attends Timo, t'as entendu c'qu'elle vient d'me dire ?!
_Oui David, on a tous entendu, répondit un grand brun aux yeux bleus.
Il n'empêche que ça ne sert à rien de s'énerver.
_Exact, elle n'en vaut pas la peine.
_Hey ! s'insurgea alors la jeune fille.
J'te permets pas monsieur-j'connais-pas-le-rasoir !
_Bon, tu vas calmer ta joie ! On s'connaît pas, on t'a rien fait, alors c'est pas la peine de nous péter ton câble dessus si ton mec vient d'te larguer ! répliqua Timo.
_J'comprends pourquoi d'ailleurs, murmura David dans sa barbe. (
oui, David a une barbe, c'est Papa Nowel, vous saviez pas ? )
_____Rabbit resta coi, ne sachant que répondre, ne trouvant aucune réplique sanglante sur le moment.
_Bon allez, calme, intervint le blond aux yeux bleus.
_____Rabbit s'assit sur un des bancs du hall et bouda en silence. Tatiana quant à elle n'osait toujours rien dire, trop intimidée.
_Tia ? J'peux savoir ce qu'on attend ? C'est pas que ça pue mais... ça pue.
_Oh ! Tu vas pas recommencer, toi ! s'énerva David.
_Mais je n'ai rien dit, répondit-elle innocemment.
Si tu le prends mal Robert, c'est simplement parce que t'as quelque chose à te reprocher.
_T'arrêtes de m'appeler Robert aussi !
_Pauv' chou. C'est pas d'ma faute si j'connais pas ton prénom, Robert, ajouta-elle quelques secondes plus tard pour l'énerver.
_Henriette !
_Edmund !
_Claudette !
_Pervers !
_Espèce de serpillère ! enchaina-t-il.
_Vermine !
_Rat des champs !
_Crâne d'½uf !
_Euh... Espèce de... de... mammouth des neiges !_____Elle le regarda bizarrement tandis que lui la fixait, fier de son insulte, attendant une possible réponse.
_Pffff !... Guitariste du dimanche !
_Au moins c'est un jour de la semaine, répondit-il en pinçant les lèvres.
_Ho ! Arrêtez d'vous disputer, on dirait des gamins ! Z'avez pas trois ans quand même, les interrompit le grand blond.
_Nan. Quatre, répondit Rabbit.
Enfin, tu m'diras, pour Robert j'sais pas...
_David. Il s'appelle David, intervint Timo, prenant la parole avant le principal concerné.
Là c'est Frank, Linke, Juri, et derrière, Jan. Moi c'est Timo, pour te servir.
_Oh merci, ça tombe bien j'avais besoin de quelqu'un pour laver mes converses, répondit-elle avec un large sourire moqueur.
_____Timo allait répliquer quelque chose mais fut précédé par un David réactif trois jours plus tard. Mais au moins il réagissait quand même, et c'était déjà ça.
_T'veux battre, hein ? T'veux t'battre, t'veux t'battre, t'veux t'battre ? Allez, viens, viens ! Allez !_____Elle le regarda alors comme si une corne lui poussait sur le front. Bizarrement à cette pensée des réminiscences de Ionesco lui parvinrent à l'esprit. David se transformerait-il en rhinocéros ? Peut-être pas. A moins que sa corne ne fût interne et lui poussait dans le cerveau. Ce qui expliquerait ses propos incohérents.
_Ouah. Ca fait peur. Retire ta corne avant que les lésions ne soient irrémédiables. _____Ce fut à son tour de la regarder bizarrement. Frank intervint alors de peur d'entrer dans un cercle vicieux sans fin. Mais le pseudo calme ne dura pas.
_C'est normal que t'aies une chaussure marron et une orange ? demanda Timo, avec un sourire moqueur.
_____Et voilà comment la dispute fut relancée. Telle une vipère, elle contre-attaqua d'un coup.
_Moi au moins j'mets pas des couvertures à mes doigts, répliqua-t-elle en faisant allusion à ses fingers sleeves
*.
_____Tatiana observait leur joute verbale comme on suivait un match de tennis, en essayant de se faire la plus petite possible. Elle aurait du se douter qu'ils ne s'entendraient pas. Mais au fur et à mesure qu'elle les entendait se traiter des pires noms d'oiseaux, son sang bouillit. Jusqu'à ce qu'elle explosa.
_STOP ! J'commence à en avoir marre de vous sept ! Alors maintenant vous vous taisez et vous bougez plus ! leur ordonna-t-elle.
_____Ils restèrent bouche bée et la regardèrent, stupéfaits. Ils avaient du pousser le bouchon un peu trop loin pour que la calme et timide Tatiana s'énervât. Cette dernière sentit son coeur battre la chamade et se calma petit à petit, au même rythme que ses joues qui s'enflammaient. Elle rebaissa alors la tête, comme si elle n'avait rien dit.
_Les garçons ! s'exclama à ce moment un homme d'une quarantaine d'années en s'approchant d'eux.
Désolé de vous avoir fait attendre. Ah Tatiana, ta mère m'a prévenu de ta venue._____La jeune fille sourit et entama la discussion avec son oncle, contente de changer de sujet et de retrouver une couleur et une contenance normale. Les garçons ne dirent rien et attendirent que leur producteur ait fini sans un mot, encore sous le choc de la remontrance de la jeune blonde. De son côté, Rabbit se tourna méchamment vers Jan qui s'amusait à la dévisager.
_Quoi ? Pourquoi tu m'regardes comme ça ? J'sais qu'ch'uis belle mais c'est pas une raison pour me fixer comme un chien en manque d'os. Hey t'as entendu c'que j'viens d'te dire ou t'as pas entendu c'que j'viens d'te dire ? Arrête, ça devient chiant ! Hey espèce de spécimen non identifié j'te parle ! T'es muet ou quoi ? demanda-t-elle en grimaçant.
_____Jan hocha alors la tête, un petit sourire aux lèvres qu'elle ne put pas voir à cause de sa cagoule. Il s'amusait à l'énerver et ça marchait bien. Rabbit maugréa quelques mots incompréhensibles et le fusilla du regard. Il en fit de même mais leur échange suicidaire fut interrompu par Eddy Höfler, le producteur de NT.
_Bon excuse-moi mais on a du travail. Les garçons, au studio, ajouta-il d'une voix ferme.
_____Les jeunes filles les regardèrent partir puis Rabbit se retourna vers Tatiana.
_Relouds ces mecs.
_T'exagères, t'aurais pu être plus sympa avec eux.
_Ca va être de ma faute !_____Rabbit leva les yeux au ciel tandis que Tatiana l'entrainait dehors pour couper court à toutes protestations ou allusions de sa part, entamant par la même leur après midi shopping.
_____De leur côté les garçons se retrouvaient enfermés dans un studio, inconnus jusqu'à ce jour. Ca les changeait de leur cage habituelle. Ils s'installèrent chacun à leur poste et attendirent les ordres, nerveux. Ils n'étaient déjà pas joyeux normalement, mais cette fille leur avait bien tapé sur le système. Ils ne connaissaient même pas son prénom mais ils la détestaient déjà.
Alors ? Oui, bon d'accord, y a de pas sang, j'avoue. Disons que j'ai fait en sorte de ne pas choquer votre sensibilité. Mais bon, c'est déjà ça quoi. Non ? J'espère vraiment que vous aimez. Parce que c'est pas drôle sinon ! Bah oui, j'ferai comment pour écrire des conneries ou des textes super trop profond ( faut bien utiliser les cours de philo ) si personne ne les lit ?
Donc si vous voulez être prévenues, vous connaissez le truc, il vous suffit de laisser un com' à chaque fois sur le dernier chapitre, merci bien, vous seriez très urbaine.
Sinon, oui, ceci est un flash back mais j'ai horreur d'écrire au passé. Alors s'y a des discordances, bah la mauvaise L ( honte à moi ) que je suis répond « fuck ! » avec un large sourire.
J'espère tout de même que vous avez compris que Rabbit était un surnom. Attendez, faut pas déconner, qui appellerait sa fille comme ça aussi ? Pauv' gamine t'sais, obligée de le porter toute sa vie. Vous imaginez les foutages de gueule qu'elle subirait ? Mein Gott, j'préfère même pas élaborer une telle théorie.
Sur ce, je crois avoir tout dit. Ah si, une dernière pitite chose. Cette fic est censée être plus sérieuse que N-smiile-paniik-T ( mais si Line, j'te juuuure ! ). Mais voilà, je peux pas m'empêcher de déconner. Faut prendre la vie du bon côté mes amies, halte aux prises de tête et aux nombreuses fois où on s'fait avoir en beauté. Réagissons ! ( bah voilà Line, maintenant je pense à nos conneries et à toutes nos associations pour sauver tout l'monde et n'importe qui ). Bref, ce que je disais c'est que, vu que je m'inspire de Wegweiser, tous les chapitres ne seront pas à l'image de celui-là. Vous pourrez le constater dès le troisième, vous inquiétez pas pour ça.
Voilà, là j'ai fini. En plus j'ai fait un bon gros speech ( contente Lorène ? ).
Oh, et qu'est ce que j'aime les voir aussi con ! ( cf gif ) J'préfère quand ils sont cons. Si, si, c'est possible. Parce qu'au moins on est soulagées de constater que même les stars peuvent être plus débiles que nous. Qu'est ce que ça fait du bien. J'me suis réconfortée toute seule dans ma débilité, faut être fort.
Tschüs ( avec un ou deux « s », vous en faites pas, j'ai d'mandé à ma prof ).